Le 10 mars dernier, quelques Tibétains ont décidé de réagir face aux privations de liberté et à l’oppression Chinoise qui durent depuis plus de 50 ans en organisant des manifestations a Lhassa. Plusieurs dizaines de manifestants sont morts sous les balles chinoises et des centaines d’autres se sont fait arrêter. Le bilan du gouvernement Tibétain en exile est aujourd’hui de 150 morts, d’au moins 1000 blessés et de centaines de personnes arrêtées.
Le conflit remonte à 1949 lorsque Mao Zedong et son parti communiste Chinois prennent le pouvoir. Ils décident de mettre en place un plan de réunification géographique et ethnique de la Chine. S’enchainent ensuite la propagande communiste mais surtout « la longue marche de Mao » en 1950 qui amènera le gouvernement Tibétain à signer de force « l’accord en dix-sept points ». Cet accord comprenait une garantie d’indépendance qui se révéla rompue au moment ou l’armée chinoise décida d’annexer totalement le Tibet en 1951.
Les Tibétains entameront des manifestations de grande ampleur pour réclamer la libération et l'indépendance de leur pays le 10 mars 1959. L'armée rouge répliqua avec violence et abattit officiellement 87000 Tibétains.
Le Dalaï Lama et son entourage décident de fuir pour trouver refuge dans la ville Indienne de Dharamsala située à deux semaines de marche de l’autre coté de la chaine Himalayenne. La création du gouvernement Tibétain en exil est proclamée le 29 avril 1959.
La liberté d’expression en chine est actuellement infime et l’ethnocide Tibétain persiste à travers la propagande et la répression violente des autorités chinoises.
Certains points de l’actualité chinoise sont délibérément déformés. La réalité est maquillée et distribuée aux peuples chinois et Tibétains qui se forgent ensuite leur fausse propre opinion.
L’unique fait d’exposer une photo du Dalaï Lama en public ou de dénoncer la dictature Chinoise en Chine peut valoir de 7 à 12 ans de prison.
Je me rappelle encore de l’histoire de ce moine Tibétain rencontré sur la terrasse d’un restaurant à Dharamsala en 2004. Il nous résuma son expérience décrite dans son livre « Un enfer sur terre ».
Le vénérable Bagdro était devenu prisonnier politique a l’âge de 20 ans après avoir été accusé d’avoir mené une manifestation contre le gouvernement chinois en mars 1988. Il fut torturé, jugé et emprisonné le mois suivant.
Il décrit d’abord les conditions qu’il subit pendant les sept jours d’interrogatoires : « Ce matin, j’étais encore terriblement affamé et assoiffé. […] Ils ont pris mes chaussures, m’ont mouillé les pieds et ont ensuite utilisé un bâton électrique sur mes pieds. J’ai alors eu des convulsions et du sang est sorti de mon nez et de ma bouche ».
Il enchaine ensuite sur les conditions d’incarcérations des prisonniers Tibétains : « Courir autour d’un champ entre 6h et 8h30 du matin faisait partie de notre routine quotidienne. Les personnes âgées et les malades devaient également courir. Si quelqu’un n’arrivait pas à suivre le rythme, un bâton électrique était utilisé sur son anus. »
La réaction de l’occident :
Avant les incidents du 10 mars dernier, aucun ou très peu de pays n'osaient prétendre percevoir les messages de détresse Tibétains lancés depuis plus de 50 ans. Etait-ce parce que la Chine était en voie de développement que nous leur avons accordé le droit de tuer et de torturer des innocents pendant tant d'années? Est-ce maintenant parce que la Chine est trop développée que nous n'oserons rien faire?
Certains gouvernements, dont la France, dénoncent avec retenu le massacre des Tibétains qui a lieu depuis le 10 mars dernier. La réponse Chinoise par l'intermédiaire du porte- parole du ministère chinois des Affaires étrangères est claire: « la Chine s’oppose à toute ingérence par tout pays étranger dans la question du Tibet qui est une affaire intérieure de la Chine ».
Aucun gouvernement n’a officiellement réagit à ce commentaire.
Que serait-il advenu des juifs encore vivants qui attendaient leur exécution devant les portes des chambres a gaz si d'autres pays n'étaient pas intervenus pour faire face a l'épuration ethnique des années 1940?
Que serait-on devenu?
L’histoire :
L'occident est vraisemblablement en train de préparer la Chine à devenir la prochaine puissance mondiale. Les gouvernements semblent foncer les yeux fermés vers l'attrait économique que dégage l'empire du milieu sans considérer le fait que nous pourrions peut être nous retrouver à la place du Tibet dans quelques années.
Le CIO (Comité International Olympique) qui a accordé l'organisation des prochains JO à Pékin avait apparemment l'espoir aveugle et ambitieux d'une amélioration de la qualité de l'environnement et des conditions des droits de l'homme en Chine.
Pour justifier leur comportement inacceptable, les autorités chinoises s’appuient sur l’idée que le Tibet a toujours fait partie intégrante de la Chine.
L’histoire du Tibet commença vers le IIème siècle avant JC. Le premier roi du Tibet Nyatri Tsenpo et la dynastie Yarlung font alors leur apparition. C’est aussi dans ce même IIème siècle que la langue et les coutumes chinoises que l’on connait présentement apparaissent.
Le Tibet avait une grande influence politique et militaire à partir du VIIème siècle sur des territoires qui s’étendaient de la chine jusqu’au Bengale et au Népal en passant par la Mongolie et la chaine de montagnes du Pamir au Tadjikistan. C’est même en 763 que les Tibétains envahissent la capitale chinoise et mettent en place leur propre empereur en chine.
Les faits historiques ne confirment pas que le Tibet a toujours fait partie de l’empire chinois. D’où peut donc venir cette agressivité du gouvernement chinois envers le peuple Tibétain?
Le Dalaï Lama demande simplement l’arrêt du massacre de son peuple et l’autonomie culturelle de son pays.
Sa requête actuelle peut rappeler « l’accord en dix-sept points » qui lui avait été promis par le gouvernement chinois en 1951.
POINT 3 : En accord avec la politique à l'égard des nationalités inscrites dans le programme commun de la Conférence politique consultative populaire chinoise, le peuple tibétain aura le droit à l'exercice d'une autonomie nationale régionale sous la conduite du Gouvernement central populaire.
POINT 4 : Les autorités centrales ne modifieront pas l'actuel système politique du Tibet. De même, les autorités centrales ne modifieront pas le statut établi, les fonctions et les pouvoirs du Dalaï-lama. Les fonctionnaires des différents grades rempliront leur charge comme à l'accoutumée.
POINT 5 : Le statut établi, les fonctions et les pouvoirs du Panchen-lama seront maintenus.
POINT 7 : La politique de liberté de croyance religieuse inscrite dans le Programme commun de la Conférence politique consultative populaire chinoise sera mise en œuvre. Les croyances religieuses, coutumes et usages du peuple tibétain seront respectés, et les communautés de lamas seront protégées. Les autorités centrales n'effectueront aucun changement dans le revenu des monastères.
POINT 9 : Le langage parlé et écrit et le système éducatif de la nationalité tibétaine seront développés progressivement en fonction des conditions actuelles au Tibet.
Extrait de « l’accord en 17 points » de 1951.
La résolution du conflit sino-tibétain ne viendra peut être pas d'un banal mais indispensable boycott de la cérémonie d'ouverture des prochains JO de Pékin mais plutôt de la mobilisation des gouvernements mondiaux qui doivent exercer leurs pressions politiques et économiques pendant qu'il est encore temps.
La réponse viendra aussi vraisemblablement des politiques eux-mêmes qui devront prendre en compte l'opinion publique de millions de citoyens concernés par la cause Tibétaine.
Loïc Bouteruche





